animateurs

Chef scout et animateur

« Pour être un bon chef scout, (…) il faut avoir l’esprit d’un jeune et pouvoir se mettre d’emblée à son niveau, comprendre ses besoins, la mentalité et les aspirations des jeunes aux différents âges, s’occuper de chacun individuellement plutôt que de l’ensemble et développer entre tous un esprit communautaire.»  (Baden-Powell)

« La méthode scoute est une éducation qui part du dedans et non pas une instruction venant du dehors. Elle consiste à proposer aux jeunes des activités pleines d’attraits pour eux et qui leur donneront en même temps une éducation morale, mentale et physique sérieuse.» (Baden-Powell)

Voici une petite vidéo qui introduit très bien une des caractéristiques du scoutisme :
LA ZONE DE CONFORT : OSEZ EN SORTIR
- la zone de confort
- la zone d''apprentissage
... et la zone de panique (ou de non expérience)

Voici un texte rédigé en 1943 par le lieutenant Gilbert Bloch qui illustre magnifiquement cet indispensable passage de sa « zone de confort » à sa « zone d’apprentissage.»

Chef du maquis de Lautrec, adjoint de Robert Gamzon au maquis E.I., Gilbert Bloch est mort au combat en août 1944 à l’âge de 24 ans.

C’est une belle prière qui a toute sa place lors d’une cérémonie d’engagement de chefs.

« Que notre franchise de garçon devienne loyauté d’homme.
Que notre gaieté de garçon devienne joie d’homme.
Que notre pureté de garçon devienne noblesse d’homme.
Nous étions généreux, il faut apprendre à nous donner.
Notre âme s’ouvrait à la la fin, il faut qu’elle s’engage.
Évite-nous, Seigneur, de devenir secs, parce que nous devenons durs.
Garde à notre coeur sa fraîcheur, que le soleil qui se lève et le chant des oiseaux restent toujours pour nous, une source de joie. »

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Boucle d’épaule gauche de Chef de Tribu

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Boucle d’épaule gauche d’Animateur de Tribu

 

 

Question de vocabulaire

Être animateur n’est pas spécifique au scoutisme. L’expression « chef scout » est plus appropriée : c’est un animateur utilisant la méthode scoute

Un chef scout accompagne et fait grandir ses bâtisseurs, éclaireuses et éclaireurs pendant plusieurs années ; ce n’est pas un animateur de quelques activités.

À l’origine du scoutisme, les adultes responsables d’unités scoutes étaient appelés Scoutmaster (en anglais, « master » est synonyme de « teacher » éducateur, enseignant). Ce terme est aujourd’hui encore utilisé chez les scouts américains. Dans d’autres pays de langue anglaise, on parle de Scout Leader ou de Scouter.

En France, Scoutmaster fut traduit en français par Scout Mestre (« Maître en scoutisme »). Ce mot en vieux français fut rapidement remplacé par Chef scout, l’équivalent français de Scout Leader.

En 1969, les EEIF décidèrent de nommer les chefs d’unités « responsables » et les assistants d’unités « animateurs ».

Connaissez-vous l’étymologie latine du mot « animateur » ? De anima (« air ») ou animus (« souffle, esprit »).

Animer veut dire : donner de la vie, du souffle, de l’esprit, donner de l’âme.

 

Chef scout

LA MISSION D’UN CHEF SCOUT, C’EST DE FAIRE RÊVER ET GRANDIR LES JEUNES.

  • Préparer des jeux de plein-air (jeux de piste, chasse aux trésors, …)
  • S’occuper des enfants pendant une sortie le week-end.
  • Devenir un pro de l’animation (imaginaire, personnages, déguisements…)
  • Faire découvrir la nature aux enfants, et comment la protéger.

 (liste non limitative)

UN CHEF SCOUT ASSUME PLUS DE RESPONSABILITÉS QU’UN ANIMATEUR.

PLANNINGDes responsabilités qu’il s’est engagées à assumer découlent un certain nombre d’impératifs auxquels il doit faire face et qu’il doit garder à l’esprit, afin de donner à son action toute sa signification et toute son efficacité.

En plus d’être un bon animateur,

 c’est un éducateur : il connaît ses objectifs et les moyens de les atteindre. Il est responsable de sa formation.

 C’est un chef scout, un « Scout Leader » : il est un exemple pour ses éclaireurs et adapte sa conduite à ce caractère.

Il fait partie d’une maîtrise qu’il doit, aussi, « animer ».

C’est un responsable d’association : cadre du mouvement, il est l’interlocuteur des parents, de la communauté, et connaît ses devoirs envers le mouvement.

 

180px-EEIF_chefdecamp2On résume :

  • Chef (cheftaine) scout(e) désigne l’animateur qui s’est engagé et qui a des responsabilités au sein d’une maîtrise.
  • Animateur (animatrice) désigne les autres membres de la maîtrise.
  • Chef de camp désigne un chef scout qui a la responsabilité d’un camp.
  • Chef de tribu désigne un chef scout qui a la responsabilité d’une tribu d’éclaireuses et d’éclaireurs.

 

Réflexions sur la notion de chef
Extrait de l’étude proposée aux chefs EI par André Neher lors du Conseil national EIF de 1957.

neher« […] CHEF, du latin CAPUT, c’est-à-dire TÊTE ; en hébreu, ROCH.

Dans quelles limites le mot ROCH, qui signifie tête, signifie-t-il chef dans la tradition juive ? […] La tradition juive choisit le titre de ROCH lorsqu’il s’agit d’institutions, de fonctions, et l’écarte quand il s’agit d’inspiration ou de responsabilités. En creusant un peu plus, nous constatons, en réalité, qu’ici comme ailleurs, nous ne sommes pas, dans la tradition juive, en face d’une contradiction, mais en face d’une dialectique, d’une polarisation.

Si parfois le terme ROCH apparaît pour préciser des vocations, si dans d’autres secteurs ou circonstances il est écarté et éliminé, c’est qu’on veut nous faire comprendre que, dans cette notion même, il y a une intention double : il y a, dans ROCH, lumière et obscurité, et il faut tenir compte, dans tout choix, de cette POLARITÉ […]

[…] Le terme ROCH est inscrit dans le tout premier mot de la Thora : BERECHIT. C’est par ce mot que l’on pénètre non seulement dans le texte de la Thora, mais dans l’univers que la Thora ouvre pour nous.

Les Tikouné Zohar, l’un des ouvrages constitutifs de la Cabbale, sont un ensemble de 70 lectures du seul mot BERECHIT […] Le huitième Tikoun nous invite à lire ראש בית ROCH BAYIT et à découvrir ainsi le terme ROCH en lecture explicite, mais aussi intimement relié à celui de BAYIT. C’est là l’autre pôle biblique, positif et généreux, de la notion de « chef ».

Avant que la Thora ne constate que l’homme imagine le chef dans un contexte babélien (cf Nimrod, chef de la génération de Babel : « construisons une ville et une tour dont le chef soit au ciel »), elle présente la même notion comme une des bases de l’univers dans lequel elle veut nous placer, mais en nous invitant à ne jamais dissocier le concept de chef à celui de BAYIT auquel la Thora le juxtapose ou plutôt dans lequel elle l’englobe.

Il nous suffira donc, après avoir, avec la Bible, mis en garde contre la face babélienne de la notion de chef, d’examiner la signification de BAYIT pour découvrir le « milieu » dans lequel, toujours selon la Bible, la notion de chef prend un sens nouveau, généreux, créateur. Chaque nuance de cette signification nous permettra de suggérer les définitions authentiques du chef selon la tradition juive.

BAYIT, c’est d’abord LA MAISON
Il n’y a pas de chef juif sans respect de la maison, c’est-à-dire DE LA FAMILLE. Il nous semble que le Scoutisme légitime trop souvent la soit-disant faillite de la famille.

La cellule éducatrice juive première qu’est la famille ne doit être, en aucun cas, sacrifiée à la légère ou par principe. C’est l’une des applications les plus néfastes que le fascisme et le communisme fassent de la notion de chef en notre siècle. Un mouvement de scouts juifs se doit de peser avec prudence, avec sérieux, avec un sens redoublé des responsabilités et une conscience aigüe des conséquences, la rupture de l’enfant à son milieu familial. On ne saurait trop, dans le Judaïsme, au niveau du Chef, être attentif à ce problème.

BAYIT, c’est ensuite L’ENFANT (bèn, bat, dérivés de la même racine). Et ceci entraîne deux conséquences :

  • La première, c’est que l’objectif du chef ne doit pas tendre à amener les jeunes juifs dans le local du Mouvement mais à les faire participer à sa vie de famille, en tant que BNÉ-Bayit, « enfants de la maison ». L’exemple rayonnant ne saurait être donné que dans et par la vie familiale du chef […]
  • Deuxième conséquence : le rapport du chef et du jeune ne saurait se contenter d’être un rapport de discipline. Pour riche que soit la notion de discipline, car il ne s’agit, bien entendu, pas seulement de discipline éducative, mais aussi de discipline morale et de discipline de vie, elle n’est pas suffisante dans la perspective juive. Un chef juif ne forme pas de discipline, il forme des disciples. C’est à dire qu’il doit tendre à être un Maître, et ceci nous amène au troisième sens de BAYIT.

BAYIT n’a pas seulement le sens de famille ou d’enfant ; il signifie aussi INTÉRIEUR.
Bayit, c’est donc ce dans quoi l’homme s’
intériorise, ce dans quoi il découvre sa dimension intérieure. J’ai peur que la définition du chef ait été trop souvent « celui qui donne », donc se précipite vers l’extérieur, qui rayonne, qui va chercher les gens, qui s’occupe d’eux. C’est également insuffisant. Dans un Mouvement comme les EI on pouvait, au lendemain de la guerre, cueillir des foules par cet enthousiasme projeté vers le dehors ; il suffisait de tendre la main à ceux qui passait et, ensuite, les entraîner sur la route.

Mais sur quelle route les a-t-on menés, et sur quelle route les a-t-on laissés ? Si le chef ne sait se limiter qu’à cela, il n’a rien fait, surtout dans un monde qui, de plus en plus, se satisfait de superficialité.

Aujourd’hui, le chef doit être celui qui est aussi tourné vers l’intérieur, celui qui saura cultiver sa vie intérieure profondément, qui saura se spécialiser, qui pourra acquérir une connaissance réelle et, chez les EI, une connaissance juive, qu’il dispose de quelque chose de profond en lui. Il est impensable du point de vue juif que le chef soit un parfait chef scout tout en étant, dans les autres domaines, un dilettante ou un amateur. il faut qu’il soit mûr, et alors son rayonnement aura une efficacité.

En guise de conclusion, arrêtons-nous encore un instant à ce ROCH-BAYIT que la Thora nous propose comme le thème central de toutes nos réflexions sur le chef.

Si l’on voulait, dans la langue française, creuser la notion de chef jusqu’au bout, on ressentirait probablement que l’objectif final du chef c’est de … s’achever. S’achever (a-chiève-ment) c’est, en effet, acquérir la plénitude de la fonction de chef.

En hébreu, au contraire, le ROCH-BAYIT n’est qu’une variante de BERECHIT : sa fonction se plénifie, non dans l’achèvement qui risque de rester statique, mais dans le renouvellement et le recommencement, qui sont la loi même de l’existence juive

 

Le texte complet « Réflexions sur la notion de Chef » figure dans le livre de Raniero Fontana « Le penseur et le passeur » consacré à André Neher, aux éditions Elkana.

ledor_vador

200px-Gamzon_flegPetit rappel historique : Quand Edmond Fleg accepta la présidence des EIF dans les années 1920 à la demande de Robert Gamzon (Castor), les jeunes EI le nommèrent affectueusement « Chef Fleg ». Que son exemple inspire les jeunes chefs EI !

 

(photo : Chef Fleg à gauche avec Castor)

Voici trois autres textes illustrant la mission d’un chef EI :

« Le premier pas pour le succès dans l’éducation de la jeunesse est que l’on sache des choses d’une part sur les enfants et les jeunes en général et d’autre part sur chaque enfant et jeune en particulier.» (Baden-Powell)

• Un adage des Pirké Avot (Maximes des Pères 1:1) peut inspirer l’engagement des chefs EI : « Moïse reçut la Tora au Sinaï, et la transmit à Josué, et Josué la transmit aux Anciens, et les Anciens aux Prophètes, et les Prophètes la transmirent aux hommes de la Grande Assemblée. Eux dirent trois choses : soyez modérés dans le jugement, formez beaucoup d’élèves, faites une haie à la Tora.»

• Voici ce qu’écrivait Théo Klein dans une revue EI pour rappeler la mémoire de Raymond Winter fusillé par les nazis le 14 juin 1944 : « Raymond n’aura pu réaliser pleinement la tâche à laquelle tout le destinait à la direction du mouvement. Mais il nous aura laissé l’enseignement le plus précieux qu’un chef puisse léguer à ceux qui doivent assurer sa relève : son exemple, sa vie et ce qui aurait pu être sa devise : simplicité, loyauté et service.»

 

Comment stimuler votre créativité ?
Les conseils du Professeur Mihalyi Csikszentmihalyi

Qu’il s’agisse de s’exprimer dans une discipline artistique, une profession, un nouveau mode de relation ou une façon de vivre, chacun de nous a potentiellement l’énergie psychique nécessaire pour mener une existence créative. Mais, selon le professeur Csikszentmihalyi, quatre obstacles classiques bloquent souvent ce potentiel :

  • Trop de travail, de charges, de responsabilités, de soucis peuvent nous épuiser et nous mettre en manque d’énergie créatrice ;
  • Nous pouvons avoir du mal à nous concentrer et à canaliser cette énergie ;
  • La paresse, l’esprit de procrastination, l’absence de discipline peuvent dilapider notre élan ;
  • Enfin notre motivation et nos objectifs peuvent s’avérer trop flous pour conduire une création à terme.

Ces obstacles peuvent être levés progressivement en quatre étapes :

1. Réveillez votre curiosité

• Le premier pas vers un réveil de la créativité consiste à cultiver volontairement votre curiosité, c’est-à-dire à consacrer de l’attention aux choses pour elles-mêmes. Chaque jour, laissez-vous surprendre par quelque chose. Ne partez pas du principe que vous savez déjà tout de cette chose ou qu’elle ne vous intéresse pas de toute façon. Ouvrez « les yeux qui sont dans vos yeux », comme dit le Talmud. Soyez ouvert à ce que vous dit le monde.

• Inversement, chaque jour, essayez de surprendre une personne au moins. Rendez-vous compte de vos routines. Elles peuvent être excellentes, pour économiser votre énergie. Mais elles vous rendent prévisible. Amusez-vous à rompre avec telle ou telle habitude. Par exemple, invitez quelqu’un à sortir dans un endroit où vous n’êtes jamais allé. Ou changez d’apparence […]

Cliquez ici pour lire la suite de cet article.

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