C’est quoi la Sixième ?

Un peu d’histoire pour comprendre cette époque et les enjeux pour la jeunesse juive.

Les E.I.F. ont été intégrés à l’U.G.I.F. (Union générale des israélites de France) dont il devenait la 6e section, d’où le nom de la « Sixième » pour nommer le réseau clandestin des E.I.F.

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Il y avait trois sections au sein de la Sixième :

  • La zone Nord
  • La zone Sud et le maquis
  • La Résistance armée

La Sixième devait trouver des « planques » pour les enfants secourus par le réseau Garel de l’O.S.E. (Oeuvre de secours à l’enfance). Ce réseau avait la charge des enfants de moins de 15 ans.

La Sixième devait leur trouver des papiers et leur procurer tout ce dont ils avaient besoin quotidiennement : vêtements, objets de toilettes etc.

Il fallait également aller rendre visite souvent à ces enfants pour garder un lien affectif et pour éviter les tentatives de prosélytisme sur les plus jeunes cachés dans les institutions religieuses.

 

LA SIXIÈME EN ZONE NORD

L’organisation de la Sixième en zone Nord revient à Fernand Musnik et à Emmanuel Lefschetz. Le port de l’étoile jaune, dès juin 1942, rendait le sauvetage plus difficile qu’en zone Sud non occupée. La rafle du Vel’ d’Hiv’ le 16 et 17 juillet 1942 a accéléré les opérations d’aide.

C’est Freddy Menahem dit Girafe, chef de la troupe Josué à Paris qui organisa le départ des E.I.F. pour la compagnie de la Montagne. Grâce au talent de Sam Kugel qui fabriqua des centaines de faux tampons indispensables à la fabrication des faux papiers, tous les EIF eurent des faux papiers rapidement. D’autres personnes non juives ont également permis la réalisation de ces faux papiers.

Micheline Bellair assistante sociale à la Préfecture de police de Paris, Annette Maignan, professeur de Khâgne et le président du Secours national dans la Sarthe qui fournit du matériel pour la fabrication des faux papiers.

Au printemps 1944, Albert Akerberg assure les relations entre la Sixième et l’A.J (Armée juive) jusqu’à la libération.

Il remit en état le mouvement des E.I.F. et installa le S.S.J. (Service social des jeunes°.

 

LA SIXIÈME EN ZONE SUD

En août 1942, les E.I.F. apprennent qu’une grande rafle visant les juifs étrangers de plus de 16 ans allait se dérouler dans les prochains jours. Robert Gamzon avertit tous les chefs des troupes d’éclaireurs, les fermes E.I.F. et les maisons d’enfants. Malgré les avertissements, de nombreuses arrestations eurent lieu et de crainte que les allemands ne recherchent activement tous les juifs qui avaient pu trouver refuge ce jour-là, les E.I.F. décidèrent que la Sixième devait dorénavant agir en zone Sud.

La réunion pour organiser cette zone clandestine se tint à Moissac avec Henri Wahl, Denise Levy (Belette), Ninon Weyl qui avaient la responsabilité de cette zone qui fut divisée en régions : Toulouse, Lyon, Grenoble, Limoges, Nice et Clermont-Ferrand.

A la tête de chaque région, il y avait un responsable, plusieurs adjoints et des assistantes sociales. Il leur fallait trouver, des papiers, des planques et le rôle des assistantes sociales étaient de garder le contact avec ces enfants déracinés

Au niveau de l’U.G.I.F., la Sixième avait comme nom « Service social des jeunes », dont le responsable était Marc Haguenau assisté d’Edith Pulver. De la zone Sud partait des convois d’enfants pour l’Espagne (Mila Racine et Marianne Cohn) ou pour la Suisse (Georges Loinger s’occupait d’organiser le passage en Suisse). Le passage pour l’Espagne étant difficile physiquement, il était réservé pour les adultes.

 

LA ZONE SUD ET LE MAQUIS

Le premier maquis E.I.F. vit le jour en 1943 au chantier de Lautrec. Dans une ferme abandonnée « La Malquière » dans les monts de Lacaune à l’est de Vabre (Tarn). 

Ce maquis se composera de huit cadres et de quelques jeunes agriculteurs du programme du chantier rural de Lautrec.

Après la fermeture du chantier rural en 1944, un autre groupe créa également un maquis dans les ruines d’une ferme à Lacado à 7 km de La Malquière. Les chefs F.F.I. de Vabre firent de La Malquière l’école de formation militaire. Un terrain pour le parachutage sous le nom de code « Virgule » fut installé. Au lendemain du débarquement (le 7 juin 1944) et grâce à l’arrivée de nouveaux effectifs, le maquis de La Malquière transféra son commandement à Larroque.

Le maquis E.I.F. pris le nom de Compagnie Marc Haguenau formée de trois pelotons et de 60 hommes. Après de nombreuses batailles et de nombreux morts E.I. Le lundi 21 août 1944 la compagnie Marc Haguenau sous le commandement de Dunoyer de Segonzac libère Castres et participe à la libération de Nevers et rejoint la 1re armée française placée sous les ordre du général de De Lattre de Tassigny. Voulant libérer les juifs internés dans les camps, ils participent à la bataille des Vosges, de l’Alsace et traverse le Rhin.

 

 

Chronologie des maquis des E.I.F

Décembre 1943
Des jeunes du chantier de Lautrec forment un maquis dans une ferme abandonnée. La Malquière dans les monts de Lacaune à l’est de Vabre dans le Tarn.

 

Avril 1944
Lautrec est fermé, un second groupe de jeunes va créer un autre maquis à Lacado à 7 km de La Malquière.

Mai 1944
La Malquière devient une école de formation militaire destinée aux maquisards. Un terrain est aménagé pour recevoir les parachutages sous le nom de code « Virgule ». 

 

Juin 1944
À la suite de l’arrivée de nouveaux effectifs, le maquis de La Malquière transfère son commandement à Larroque.

  

11 juin 1944
Le maquis EI constitué de 60 hommes prend le nom de la Compagnie Marc Haguenau, formée de trois pelotons. Fin juin, la Compagnie comptera 120 maquisards.

 

Mur des noms : A — E
Mur des noms : F — J
Mur des noms : K — O
Mur des noms : P — T
Mur des noms : U — Z

 

 

 

 

 

 

 

 

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